
La consommation quotidienne de raisin modifie l’expression génique cutanée, renforçant la kératinisation et la cornification cutanées soit les fonctions de barrière naturelle contre les agressions environnementales. De plus cette consommation régulière réduit le stress oxydatif induit par les ultraviolets (UV), relève cette équipe de biologistes et de nutritionnistes de la Western New England University (Springfield, Massachusetts) et de l’Oregon State University (Corvallis, Oregon). Une étude, soutenue par la US California Table Grape Commission, publiée dans la revue ACS Nutrition Science, qui conforte encore les bénéfices de ce superaliment.
De précédentes recherches ont déjà montré que la consommation de raisins augmente la résistance de la peau aux ultraviolets chez environ 30 à 50 % des personnes. Cette nouvelle étude suggère que
l’effet du raisin sur la santé cutanée est bien plus large,
car concernant en réalité la quasi-totalité des consommateurs et agissant non pas sur un mécanisme isolé mais sur l’expression de nombreux gènes cutanés via une réponse nutrigénomique.
La nutrigénomique est l’étude de la façon dont les aliments modifient l’expression de nos gènes. À l’ère post-génomique, elle permet pour la première fois de visualiser les effets complexes des aliments entiers sur la biologie cellulaire — au-delà des simples nutriments isolés.
L’un des auteurs principaux, le Dr John Pezzuto, professeur au College of Pharmacy and Health Sciences de la Western New England University, précise : « Nous sommes maintenant certains que les raisins agissent comme un superaliment et médient une réponse nutrigénomique chez l’Homme. Nous avons observé cela avec le plus grand organe du corps, la peau. Mais au-delà de la peau, il est presque certain que la consommation de raisins affecte l’expression génique dans d’autres tissus du corps, comme le foie, le muscle, le rein et même le cerveau ».
L’étude, menée auprès de participants invités à consommer l’équivalent de 3 portions de raisins entiers par jour pendant 2 semaines, a mesuré l’expression génique cutanée avant et après la consommation, avec et sans exposition à de faibles doses de rayonnement ultraviolet. La génération de malondialdéhyde (MDA), un marqueur du stress oxydatif a également été mesurée dans la peau exposée aux UV. L’analyse révèle que :
- l’expression génique cutanée est différente d’un participant à l’autre dès le départ : chaque individu présente un profil d’expression unique ;
- l’expression génique cutanée de chaque participant change après la consommation de raisins, indépendamment de ces différences interindividuelles ;
- l’exposition aux UV modifie également l’expression génique, avec des changements supplémentaires et distincts observés lors de la combinaison UV et consommation de raisins ;
- l’ensemble de ces modifications géniques converge vers une amélioration de la kératinisation et de la cornification cutanées et renforcent donc la barrière protectrice de la peau contre les agressions environnementales ;
-
la consommation de raisins induit une réduction du stress oxydatif cutané.
Quelles implications ? Ces résultats positionnent le raisin comme un aliment entier capable de moduler l’expression génique et la santé cutanées mais qui agit aussi à l’échelle de l’organisme via une réponse nutrigénomique. Les auteurs estiment en effet probable que des effets similaires se produisent dans d’autres tissus — foie, muscle, rein, cerveau —
ouvrant un champ de recherche considérable sur l’impact des aliments entiers sur la biologie humaine.
Source: ACS Nutrition Science May 15, 2026 DOI : 10.1021/acsnutrsci.6c00003 Inter- and Intraindividual Variation of Gene Expression in Human Skin Following Grape Consumption and/or Exposure to Ultraviolet Irradiation
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